Au lendemain des élections couplées du 22 mars, de violents affrontements communautaires ont été enregistrés dans la ville de N’zérékoré, au sud de la Guinée. Plusieurs personnes ont été tuées, des mosquées et des églises incendiées, et beaucoup de maisons ont été aussi détruites.
En effet, dans le but de savoir ce qui s’est réellement passé dans la capitale de la Guinée forestière, des ONGs guinéennes de défense des droits de l’homme (Avocats Sans Frontières de Guinée, l’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyens (OGDH), Mêmes Droits pour Tous), ont conduit des enquêtes, dont elles ont présenté les résultats de 36 pages, ce vendredi, 15 mai 2020, à la maison de la presse.
Selon le rapport de l’enquête, au total 36 personnes ont été tuées, 129 personnes blessées, 83 bâtiments brûlés. « Au total des personnes qui avaient été arrêtées, c’étaient 127 personnes. Et quand la police et la gendarmerie ont fait la décantation, 89 personnes ont été libérées, et les 38 autres ont été déférées », a expliqué le président de l’ONG Avocats Sans Frontières, maître Koné Aimé Christophe Labillé.
Par ailleurs, au cours de leur investigation, les enquêteurs dit avoir constaté également la faiblesse des autorités administratives et des forces de l’ordre et de sécurité quant à la sécurisation du processus électoral, du maintien de l’ordre public et de la sécurisation des citoyens et de leur biens.
Ensuite, ils ont noté aussi l’usage des armes à feu par des citoyens contre d’autres citoyens. « L’usage des armes à feu par les forces de défense et de sécurité contre les citoyens à la place des armes conventionnelles, la détention dans les camps militaires de N’zérékoré des citoyens interpellés », a souligné Maître Koné.



