C’est un tournant décisif qui intervient ce jeudi 5 mars 2026 dans le dossier de docteur Ibrahima Kassory Fofana. Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières CRIEF a demandé la remise en liberté de l’ancien premier ministre.
Aly Touré évoque des raisons purement d’humanisme. Selon un rapport transmis par l’autorité pénitentiaire Kassory Fofana serait malade encore. Raison qui aurait suffit au Procureur pour demander sa libération alors que le dossier est en appel selon la volonté du prévenu. “Depuis son incarcération à la maison centrale Kassory a développé des pathologies et son ordonnance a coûté cher à l’Etat (une facture de 3 voire 4 milliards GNF, ndlr). Maintenant qu’il est remis en liberté, il lui revient lui-même de payer ses frais médicaux” a précisé Aly Touré.
Une décision à laquelle la partie civile dit ne pas s’opposer car, ajoute-t-elle, nous poursuivons le dossier pour garantir les intérêts de l’Etat dont 15 milliards de francs guinéens et plusieurs biens immobiliers.
La libération de Kassory est l’aboutissement d’un long feuilleton judiciaire qui a duré près de quatre ans depuis son incarcération à la maison centrale en avril 2022 pour des faits d’enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et détournement de deniers publics, entre autres charges brandies par le parquet de la CRIEF. Tout au long de ce dossier, le prévenu ne s’est jamais présenté devant la cour évoquant à chaque audience programmée des problèmes de santé.
Ibrahima Kassory Fofana rejoint la liste des anciens dignitaires du pouvoir déchu qui ont déjà recouvré leur liberté. Il s’agit notamment d’Amadou Damaro Camara et d’Ibrahima Kourouma respectivement ancien président de l’assemblée nationale et ministre de la ville et de l’aménagement du territoire à la prise du pouvoir le 5 septembre 2021.





