Il y a des soirs où l’intox se prend pour un Ministère d’Etat. Et puis il y a des soirs où l’État remet chacun à sa place. Les serviteurs de la République d’un côté, et de l’autre la marmaille !
Le décret de nomination partielle des membres du gouvernement, lu ce lundi 2 février 2026 à la télévision nationale, a confirmé plusieurs ministres à leurs postes, dont 𝗧𝗮𝗺𝗯𝗮 𝗕enoït 𝗞𝗮𝗺𝗮𝗻𝗼 𝗮𝘂 Secrétariat Général 𝗱𝘂 𝗚𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁.
Ce simple fait est plus qu’une ligne dans une liste : c’est un signal politique net. Malgré 𝘂𝗻 𝗮𝗰𝗵𝗮𝗿𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 médiatique 𝗺𝗶𝗻𝘂𝘁𝗶𝗲𝘂𝘀𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 orchestré, 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗻𝗳𝗶𝗮𝗻𝗰𝗲 𝗮 été renouvelée, 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗶𝗻𝘂𝗶té assumée 𝗲𝘁 𝗹𝗮 𝗺𝗮𝗿𝗰𝗵𝗲 réformatrice validée.
Ce nouveau contexte n’appelle pas une célébration bruyante. Il appelle une clarification froide : l’intox a échoué.
Le schéma est toujours le même. On attrape un mince bout de réalité, une présence, un passage, un détail logistique, et on l’étire, on le tord, on l’exagère jusqu’à produire un récit monstrueux. Ensuite, on ajoute les mots qui font peur et qui salissent : “arrestation”, “encerclé”, “fouille”, “mallette”, et ce folklore humiliant censé coller au visage de la cible comme une étiquette indélébile.
Le “génie” de la manœuvre, si l’on peut appeler ça ainsi, c’est qu’elle ne cherche pas à informer. Elle cherche à installer une ambiance, à produire un soupçon durable. 𝗨𝗻𝗲 𝗶𝗻𝘁𝗼𝘅 𝗻’𝗮 𝗽𝗮𝘀 𝗯𝗲𝘀𝗼𝗶𝗻 d’être 𝘃𝗿𝗮𝗶𝗲 : 𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗱𝗼𝗶𝘁 𝘀𝗲𝘂𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 être 𝗰𝗿𝘂𝗲 𝗮𝘀𝘀𝗲𝘇 𝗹𝗼𝗻𝗴𝘁𝗲𝗺𝗽𝘀 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗽𝗿𝗼𝘃𝗼𝗾𝘂𝗲𝗿 𝗱𝗲𝘀 dégâts 𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝗻𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗳𝗼𝗿𝗰𝗲𝗿 𝗱𝗲𝘀 réactions.
Le décret du 2 février 2026 dit l’inverse : l’État n’a pas suivi la rumeur. Il a suivi sa 𝗹𝗲𝗰𝘁𝘂𝗿𝗲 𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 compétence 𝗲𝘁 𝗱𝗲 l’intérêt 𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗰.
Et c’est là qu’il faut regarder au-delà du blogueur. 𝗨𝗻𝗲 𝗽𝗹𝘂𝗺𝗲 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝘀𝗼𝘂𝘃𝗲𝗻𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝗹’𝗼𝘂𝘁𝗶𝗹 𝘃𝗶𝘀𝗶𝗯𝗹𝗲 𝗱’𝘂𝗻 intérêt 𝗶𝗻𝘃𝗶𝘀𝗶𝗯𝗹𝗲 : à qui profite cette bassesse ? Qui gagne à installer une tempête artificielle précisément quand l’attelage gouvernemental se met en place ?
Le décret apporte déjà une première réponse : ceux qui misaient sur la boue ont perdu leur pari.
Mais un État sérieux ne gère pas ses cadres au rythme des posts. Il gère par procédure, par traçabilité, par responsabilité. 𝗘𝘁 𝗾𝘂𝗮𝗻𝗱 𝗹𝗲 𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝘁𝗿𝗮𝗻𝗰𝗵𝗲 𝗽𝗮𝗿 décret, 𝗶𝗹 𝗿𝗮𝗽𝗽𝗲𝗹𝗹𝗲 𝘂𝗻𝗲 règle 𝗳𝗼𝗻𝗱𝗮𝗺𝗲𝗻𝘁𝗮𝗹𝗲 : 𝗹𝗮 𝗿𝘂𝗺𝗲𝘂𝗿 𝗻𝗲 𝗽𝗲𝘂𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗱𝗲𝘃𝗲𝗻𝗶𝗿 𝘂𝗻 𝗶𝗻𝘀𝘁𝗿𝘂𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 sélection 𝗼𝘂 d’élimination 𝗱𝗲𝘀 𝘀𝗲𝗿𝘃𝗶𝘁𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗱𝗲 l’État.
Le vrai enjeu : protéger l’appareil d’État et ses hauts commis
Il faut le dire sans détour : 𝘂𝗻 𝗽𝗮𝘆𝘀 protège 𝘀𝗲𝘀 𝗰𝗮𝗱𝗿𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝘀𝗲𝘀 𝗵𝗮𝘂𝘁𝘀 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗶𝘀.. Pas contre la justice (personne ne demande l’impunité) mais 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗮𝗺𝗽𝗮𝗴𝗻𝗲𝘀 𝗱𝗲 soupçon 𝗲𝘁 𝗹𝗲 𝗺𝗲𝗿𝗰𝗲𝗻𝗮𝗿𝗶𝗮𝘁 𝗱𝗲 𝗹’𝗶𝗻𝘁𝗼𝘅.
Parce que sinon, on installe une prime au mensonge :
● réformer devient dangereux,
● servir devient risqué,
● décider devient un sport de kamikaze.
Un appareil d’État exposé en permanence à la calomnie finit soit paralysé par la peur, soit vidé de ses meilleurs profils. Ce n’est pas un détail de communication : c’est un risque de gouvernance.
𝗖𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗰𝗲𝘀 𝗮𝘁𝘁𝗮𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗰𝗵𝗲𝗿𝗰𝗵𝗲𝗻𝘁 à détruire 𝗰𝗲 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝘀𝗲𝘂𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝘂𝗻 𝗽𝗼𝘀𝘁𝗲 : 𝗰’𝗲𝘀𝘁 𝘂𝗻 𝘀𝘁𝘆𝗹𝗲. 𝗟𝗮 𝗿𝗶𝗴𝘂𝗲𝘂𝗿. 𝗟𝗮 𝗱𝗶𝘀𝗰𝗶𝗽𝗹𝗶𝗻𝗲. 𝗟𝗲 𝘀𝗲𝗻𝘀 𝗱𝗲 𝗹’𝗵𝗼𝗻𝗻𝗲𝘂𝗿. 𝗟𝗮 𝘁𝗲𝗻𝘂𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗮 tempête. 𝗟𝗮 capacité à 𝘀𝗲𝗿𝘃𝗶𝗿 𝘀𝗮𝗻𝘀 theatraliser, à réformer 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗶𝗻𝘀𝘂𝗹𝘁𝗲𝗿, à répondre 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝘀𝗲 𝗿𝗮𝗯𝗮𝗶𝘀𝘀𝗲𝗿.
Le décret du 2 février 2026 confirme que ce style a du poids au sommet de l’État et qu’il est jugé utile à la poursuite des grandes réformes de coordination gouvernementale.
𝗖𝗲 𝘀𝗼𝗶𝗿, 𝗹𝗮 𝗿𝘂𝗺𝗲𝘂𝗿 𝗮 rencontré 𝘂𝗻 𝗺𝘂𝗿 : 𝗹𝗲 décret
Les marchands de soupçon ont tenté de gouverner par intox ; ils viennent de recevoir une leçon de méthode : 𝗹𝗮 République 𝘁𝗿𝗮𝗻𝗰𝗵𝗲, 𝗹𝗮 𝗿𝘂𝗺𝗲𝘂𝗿 𝗯𝗮𝘃𝗮𝗿𝗱𝗲.
Que les “auteurs” et leurs “bénéficiaires” entendent bien le message : l’appareil d’État n’est pas un terrain de chasse, et les réformes ne s’arrêtent pas parce qu’un blog s’agite.
𝗟𝗮 lumière ne négocie 𝗽𝗮𝘀 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝗹’𝗼𝗺𝗯𝗿𝗲.
Avec le décret, l’État vient de faire mieux : il l’a désignée comme ce qu’elle est : un bruit sans autorité.
Abdoulaye Lato CAMARA
![[Tribune] La République ne gouverne pas à l’intox (Abdoulaye Lato Camara)](https://www.accentguinee.com/wp-content/uploads/2026/02/FB_IMG_1770105908785-750x375.jpg)




